Un Saint pour patronner un atelier d'écriture d'icônes, ça coule de source ! Oui, mais il y en a tant... Et à force de les fréquenter, ils sont tous devenus mes préférés !
N'intervenant pas dans la réflexion, mais connaissant mes hésitations, mon mari me dit un jour : « Pourquoi tu ne choisirais pas Sainte Odile ? ».
Eh bien oui, pourquoi pas ?! Je m’appelle Armelle, Marie, Odile. Sainte Odile, je m'étais attachée à elle dans mon enfance, car comme je n’avais rien à me « mettre sous la dent » du côté de Saint Armel (un évêque dont l’histoire reste très légendée), il me fallait une sainte Patronne dont la vie soit un peu "consistante". Puis elle est partie sur la pointe des pieds... ou plutôt, je l'ai oubliée peu à peu, sans m'en rendre compte.
Et j’avoue que quand mon mari me l'a proposée, je n’y avais pas songé une seule seconde. Mais aussitôt suggérée, aussitôt adoptée ! Odile a repris sa place dans mon cœur ! Une place de choix : Sainte Odile, l’aveugle qui voyait l’invisible ! Quelle belle Patronne pour le monde des icônes !
Odile de Hohenbourg (vers 660 -720) est la fille du duc d’Alsace Etikon-Adalric et de son épouse Bereswinde (sœur de l’épouse de Childéric II, roi des Francs). A sa naissance, elle déçoit fortement son père qui désirait un fils mais il la tolère. Mais lorsqu’on découvre qu’elle est aveugle, sa mère doit la soustraire à la décision de son époux de tuer l’enfant. Encore nourrisson, elle est confiée, d'abord à une nourrice puis, encore pour sa sécurité, à une tante religieuse dans le Doubs où elle est élevée religieusement sans toutefois avoir été baptisée, sans prénom. C’est un évêque irlandais, Erhard, de passage en Rhénanie, ayant eu un songe lui indiquant de se rendre dans ce monastère pour y baptiser une jeune fille aveugle, qui vient lui donner l’onction. Elle a entre 12 et 15 ans. L’évêque lui donne le nom d' "Othilia" et lorsqu’il lui touche les yeux avec le saint chrême, en disant : « Au nom de Jésus-Christ, sois désormais éclairée des yeux du corps et des yeux de l’âme », elle trouve la vue.
Le récit de ce miracle se répand, y compris jusqu’aux oreilles de son père qui ne veut plus entendre parler de cette enfant. Un des frères d’Odile, Hugues, va manœuvrer pour faire revenir sa sœur et mourra en représailles d’un coup de sceptre sur la tête, de la main de son père, hors de lui. C’est alors qu’un repentir va naître dans le cœur du Duc Adalric (qui a encore trois fils et une fille en bas âge) et amorcer un changement de comportement vis-à-vis de son aînée : elle pourra désormais vivre dans une dépendance du château.
Là, elle se dévoue aux pauvres et aux malades, menant une vie simple et de prière. Peu à peu, son père se rapproche d’elle, la réintègre dans la famille, au point qu'il voudra lui choisir un époux. Odile, certaine d'être appelée par Dieu à lui consacrer toute sa vie, préfère s'enfuir. Elle va vivre environ une année, pauvrement et se cachant. Le duc Adalric, qui au fond, gagné par la douceur de sa fille, s'était pris d'affection pour elle, envoie des messagers dans tous les villages d'Alsace proclamer publiquement que si sa fille revenait, elle serait accueillie et qu'il ne se mettrait plus en travers des desseins de Dieu. Cet appel parvient aux oreilles de la jeune Odile qui reprend alors le chemin de la maison paternelle. Adalric l’aide ensuite matériellement à développer son accueil des pauvres et des malades, jusqu’à lui offrir son château de Hohenbourg. Odile va transformer ce château en monastère féminin en suivant la règle bénédictine qu’elle a connu dans son enfance. Les vocations y afflueront rapidement. Pour faciliter l’accueil et le soin aux pauvres et aux malades, Odile fait construire d’autres bâtiments plus faciles d’accès, en bas de la montagne où est bâti le Hohenbourg.
Plusieurs miracles, à sa prière et son intervention, sont attestés de son vivant. Quand le duc Adalric meurt, Odile, ayant beaucoup intercédé auprès de Dieu pour le « rachat » de son père, reçoit la vision de celui-ci qui quitte le purgatoire pour rejoindre la béatitude du paradis ; Odile est ainsi assurée qu'il a accueilli définitivement l’œuvre du pardon de Dieu dans sa vie.
Elle meurt le 13 décembre 720, en odeur de sainteté. Elle est canonisée entre 1049 et 1054 par le pape Léon IX.
Au XIVe siècle, son corps sera retrouvé intact (lors de l’ouverture de sa sépulture pour y prélever une relique pour la cathédrale St-Guy de Prague). Au moment de la Révolution Française, ses reliques seront cachées pendant huit ans (1793-1800).
En 1946, le Pape Pie XII la proclamera « patronne de l’Alsace".
https://fr.wikipedia.org/wiki/Odile_de_Hohenbourg